Quand on entend ces clichés sur l'amour, les cheveux se dressent sur la tête, la langue fourche intérieurement et on oscille entre gémissements, pleurs et sourires désespérés.
Mettons un terme définitif à ces expressions toutes faites en les confrontant à la réalité quotidienne*.
Imaginez la scène : vous lisez un magazine tranquille sous la couette, gratouillez votre ventre, chantez sous la douche, épilez votre maillot à la pince à épiler, ou pire, vous êtes aux toilettes. Et là : BAM ! L'homme de votre vie surgit du plafond et s'effondre sur vous.
Vous (remontant votre culotte) : "Oh ! Euh. Bonjour. Je ne m'attendais pas à ça. C'est un peu gênant."
Lui : "En effet. Moi non plus. Au revoir."
Si cette phrase avait un sens littéral, l'humanité aurait disparu depuis longtemps faute d'amour. Plus sérieusement, rester cloîtré chez soi en attendant que le prince charmant sonne à la porte rose n'est pas la recette du succès.
Ce qui agace, c'est ce "re" dans "retrouvés", sous-entendant que ces messieurs étaient déjà là. Personnellement, en plus de voir l'homme aimé claquer la porte, revoir dix ex-pathétiques ne console personne. Non merci !
Et que croient ceux qui disent ça ? Que faire la fête avec dix ex va nous remonter le moral, alors qu'on pleure en pensant : "Un seul être vous manque et tout est dépeuplé" ? Un de perdu, point final. Laissez-moi pleurer sur mon pot de glace pistache !
Ce serait idéal, mais en réalité, l'amour nous alourdit. Selon une étude relayée par le Daily Mail, 60 % des personnes interrogées ont pris du poids en couple stable, et 72 % estiment que leur partenaire a grossi aussi (moins romantique, hein ?).
Vraiment ? D'après mes comptes, j'aurais dû finir en concubinage avec au moins trois hommes, ayant été follement amoureuse de deux avant le suivant. Si c'était si simple, pas de ruptures ni de divorces.
En vérité, l'amour brouille cerveau, corps et sens. Ce n'est pas une affaire de raison. Jamais.
Pas faux (voir point 4). On le dit parfois après avoir craqué pour un blond scientifique au lieu d'un brun artistique fantasmé. Mais c'est plutôt une lucidité surhumaine qui transcende les apparences et fantasmes préconçus !
Avec du recul, oui. Mais sur le moment, blottie contre un coussin froid après avoir pleuré devant Love Actually en chantant "All By Myself" intérieurement, même l'épaule de Bobby le collègue modéliste ferait l'affaire.
Vous avez raison. L'amour est simple : un brin de minauderie et paf, il tombe du ciel. Mais parfois, le matrix bugge, car vous qui dites ça, vous avez un mec.
C'est toi qui es compliqué (attaque absurde, riposte absurde).
Quelque part en France, avril 1934. Après des semaines d'amour printanier au bord d'un lac, Edgar à Eglantine :
Edgar : Eglantine, je t'aime.
Eglantine : Oh Edgar, moi non plus.
Edgar : Euh... Je t'aime !
Eglantine : Moi non plus !
Edgar : Ça veut dire oui ou non ?
Eglantine : C'est simple, non ?
Edgar : Je rentre chez maman !
Cette phrase ne veut rien dire. CQFD**.
Comme si une célibataire de plusieurs mois n'avait pas déjà passé en revue tous les hommes connus, amis d'amis, et jusqu'aux amis des amis des amis !
Mettez plutôt une glace cookie sous mes yeux, jusqu'à ce qu'il tombe (on peut rêver).
*Article écrit avec beaucoup de mauvaise foi.
**Écrit avec UN TAS de mauvaise foi, las des complications. Les histoires simples sont parfois géniales aussi.