Rappel pour ceux qui découvrent cette tendance : le "no sex" est un mouvement originaire des États-Unis qui prône l'abstinence sexuelle totale. Zéro activité intime, point final. Ce n'est pas sorti de nulle part : c'est une réaction à l'hypersexualisation omniprésente dans notre société. Les femmes y sont souvent poussées à incarner une sexualité explosive, comme celle d'une actrice de films pour adultes multi-orgasmique – une attente irréaliste pour beaucoup. Mais proposer l'abstinence comme solution ? C'est aller trop loin.
Même si la tentation est grande – imaginez dire à votre partenaire, un soir ordinaire : « C'est dépassé, chéri. La nouvelle vague, c'est le zéro sexe. Soyons avant-gardistes ! » – cela reste problématique à long terme. D'abord, ce mouvement frôle l'extrémisme en recommandant la virginité jusqu'au mariage. Ensuite, il est foncièrement anti-vie, anti-amour, anti-plaisir. Quelle suite logique ? Arrêter de rire pour contrer la moquerie ambiante ? Non merci.
Aucune femme ne se réjouit à l'idée d'une vie sans sexe. C'est évident : personne ne souhaite reléguer l'intimité au rang de souvenir. Mieux, en période de crise, l'activité sexuelle augmente. Selon Omri Gillath, psychologue à l'Université du Kansas, « la récession booste l'activité sexuelle grâce au réveil de nos instincts de survie animaux ». Laissez le "no sex" de côté et embrassons le « yes sex » – seul ou à deux, en explorant les zones érogènes pour un plaisir maximal.
* Le Monde Magazine, 19 novembre 2011.